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Avec 300 000 hectares la luzerne est une des plantes cultivées les plus vertueuses du point de vue agronomique et du respect des ressources naturelles. Elle puise directement l’azote de l’air et ne requiert ainsi aucune fertilisation azotée. Son système racinaire permet de capter l’azote en excès de la culture précédente et d’entretenir une bonne structure du sol. Son exploitation sur 4 à 5 ans préserve le sol des agressions du climat, érosion et lessivage,et offre un refuge privilégié à la micro et la macrofaune. C’est aussi dans beaucoup de régions la seule ressource mellifère pour les abeilles en période estivale. Sa sobriété en intrants chimiques en fait une alliée privilégiée des zones de captage en eau potable. Vers une suppression de l’aide à la luzerne Sur le plan alimentaire, la luzerne, l’une des seules protéines végétales cultivées en France, présente un profil nutritionnel exceptionnel très prisé des éleveurs de vaches laitières, d’ovins, de volailles, de caprins, de lapins et de chevaux. Son incorporation atteint couramment 20 % de la ration de ces animaux. C’est enfin une plante remarquablement efficace en terme d’intensité territoriale puisque un hectare de luzerne produit 2,44 tonne de protéine contre 0,77 tonne seulement pour le soja. Pourtant, le Bilan de santé de la PAC propose de supprimer l’aide accordée à la culture pour compenser son déficit de productivité avec le soja importé.
Ringarde, dépassée, condamnée la luzerne déshydratée ? A en juger par le nombre et la diversité des soutiens que la filière engrange depuis quelques semaines, rien n’est moins sûr. Telle le village gaulois d’Astérix, la luzerne continue à résister encore et encore. Le combat qui s’annonce cet automne avec la Commission Européenne sera décisif. Des Agences de l’Eau qui déclarent que « sans la luzerne il va être difficile de protéger les captages d’eau potable », en passant par la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique qui écrit que : « la luzerne est une culture indispensable au maintien et au développement de l’agriculture biologique » ou l’interprofession Roquefort qui estime que sa disparition serait une très mauvaise nouvelle pour les éleveurs, les prises de position favorables s’accumulent. Dernier soutien en date celui de WWF France qui s’associe à la filière « pour que soit mis en place une réelle politique de développement de cette culture » considérant que la luzerne est une des plantes qui permet de répondre le mieux aux nouvelles exigences énoncées par le Grenelle de l’Environnement.
Mais, les premiers à s’être mobilisés ce sont les apiculteurs qui ont édité un document de 4 pages intitulé « « il faut sauver la luzerne », l’Union Nationale de l’Apiculture Française prenant quant à elle sa plume pour expliquer au Ministre de l’Agriculture que « En Champagne notamment, l’abandon de la luzerne conduirait inéluctablement à une baisse importante de la production de miel ». De très nombreux avantages environnementaux
Les Coopératives de déshydratation travaillent activement à un plan d’économies et de substitution d’énergie ainsi qu’à la mise au point de produits à plus haute valeur ajoutée lui permettant d’être plus compétitives. Ce qui permettra de pérenniser les très nombreux avantages environnementaux de la plante: fixation de l’azote de l’air pour ses propres besoins et une partie de ceux de la culture suivante (40 U pour un blé), protection du sol contre l’érosion, pompage de l’azote en excès, refuge pour la micro et macro faune dont des populations d’insectes prédateurs naturels des parasites des autres cultures. Sans oublier sa sobriété en intrants. Denis Le Chatelier |